Les douleurs de règles / douleurs pelviennes chroniques

Les douleurs de règles / douleurs pelviennes chroniques

Les douleurs de règles, dont le terme médical est dysménorrhées, sont très fréquentes, elles touchent au minimum une adolescente sur deux. Elles peuvent être invalidantes au point de ne pas pouvoir faire certaines activités, comme aller en cours, faire du sport, se lever de son lit …

Il n’est pas normal d’avoir aussi mal, comme on peut parfois l’entendre. Cela ne veut pas dire qu’il y a forcément une maladie responsable des douleurs, mais personne n’a à s’habituer à cela, et il est évidemment important de consulter un médecin, une sage-femme, une infirmière (scolaire par exemple) si les douleurs sont trop fortes, ne sont pas soulagées par les médicaments adaptés.

Les douleurs de règles sont la conséquence de la contraction du muscle de l’utérus, le myomètre, qui se contracte pour que l’endométre (la muqueuse qui tapisse la cavité utérine) soit extériorisé via le vagin, à l’extérieur du corps. Cela prend la forme d’un saignement, en général avec des caillots. Cela engendre de l’inflammation au niveau de l’abdomen, et c’est cette inflammation qui donne les douleurs du bas du ventre et du bas du dos.

Ainsi, le bon traitement antalgique (= antidouleur) des douleurs de règles est la prise d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Dans cette famille de médicaments, on trouve l’Ibuprofène, l’Antadys, le Ponstyl …

Les médicaments comme le Spasfon ou le Paracétamol (Doliprane, Dafalgan …) ne sont pas des traitements qui ciblent efficacement les douleurs de règles. S’ils fonctionnent, tant mieux, mais si ce n’est pas le cas : soyez rassurée, et essayez un AINS.

Si les douleurs persistent malgré la prise rapide d’un ou plusieurs AINS, il est important d’aller en parler à un·e professionnelle de santé.

Quelques conseils de jeunes filles concernées par le sujet

Lors d’un atelier de Storytelling sur les douleurs de règles et les douleurs pelviennes en général, nous avons demandé à quatre jeunes filles ayant ce type de douleurs :

– les choses qu’on leur a déjà dites et dont elles se sont dit « personne ne devrait avoir à entendre une phrase pareille »

– qu’est ce qui peut être dit ou fait, et qui peut aider un peu quand on a des douleurs de règles

Voilà ce qu’elles ont répondu. Merci à elles !

Les choses entendues, à ne pas dire à quelqu’un qui a des douleurs de règles

« C’est un truc naturel »

« Il y a pire que ça dans la vie »

« Faut que t’arrêtes de surréagir »

« Il faut aller au-delà de la douleur »

« Ouais ben moi aussi je les ai »

« C’est ça d’être une femme »

« Prend un doliprane, ça va passer »

« Oh la la aujourd’hui t’es pas contente, t’as tes règles ou quoi ? »

« ça ne dure que 2 ou 3 jours, après c’est fini »

« Faut pas lui parler, elle a ses règles »

« Tu peux faire un effort quand même »

« Elle va être encore absente, elle a ses règles »

« Et comment tu feras au travail plus tard »

« Ma femme elle a ses règles, je sais ce que ça fait »

Les choses à dire et à faire qui aident/aideraient :

« Écouter, écouter, et déjà écouter c’est énorme »

« Je te comprends, on va mettre des choses en place pour t’aider »

« Qu’on me divertisse, qu’on me fasse penser à autre chose »

« Qu’on n’ignore pas »

« Tu aimerais quoi pour te soulager ? »

« Accepter que les règles ça fatigue (contrairement à l’image véhiculée par certains médias, comme les publicités pour protections hygiéniques) »

« Qu’il y ait toujours des poubelles dans les toilettes »

« Sensibiliser les jeunes – garçons ET filles – aux règles par le biais d’interventions extérieures au collège et au lycée »

« Donner des informations, en-dehors du cercle familial, parce que tout le monde n’a pas quelqu’un avec qui parler dans sa famille, telles que :

– Les règles ce n’est pas la même chose pour tout le monde

– Les différents types de protections, comment les utiliser en toute sécurité, quels produits chimiques ils contiennent

– Apprendre à utiliser les protections, à mettre des tampons, comme on apprend à utiliser les préservatifs

– Faire de l’éducation aux garçons

« Qu’il y ait des protections en libre accès et gratuite dans les toilettes des établissements scolaires et dans les lieux publics »

« Les règles c’est propre »

« Tout le monde peut sortir la poubelle de la salle de bain »

« Les règles ce n’est pas honteux, c’est tout à fait normal »

« Que les profs laissent aller aux toilettes sans qu’on ait à dire qu’on a ses règles »

Témoignage de Tess, 18 ans, qui nous parle de ses douleurs d'endométriose

Je m’appelle Tess, j’ai 18 ans et je suis en Terminale bac pro en boulangerie-pâtisserie. J’habite dans le 91, pas loin de Paris, et j’ai été diagnostiquée d’une endométriose lors de mon année de 3ème grâce à une surveillante elle-même atteinte d’une endométriose qui m’a conseillée d’aller faire une IRM pour une potentielle endométriose.

Pour ma part, j’ai deux types de douleurs :

– Douleurs / charge mentale dues à l’endométriose qui me fatiguent beaucoup et qui me gaspillent et demandent beaucoup d’énergie au quotidien.

– Les douleurs pelviennes au ventre et en bas du ventre : ces douleurs dues à l’endométriose qui m’empêchent et me privent de pas mal de choses comme rater 1 ou 2 jours de cours, dû aux douleurs physiques et à la fatigue que l’endométriose a comme effet sur moi. Ces douleurs se décrivent comme des coups de couteau dans le ventre souvent compliqués à gérer, des grosses douleurs dans le ventre et une fatigue extrême.

Elles ont évolué en positif grâce à l’écoute des docteur, infirmière et psychologue, des solutions proposées qui m’ont aidée comme la TENS, le Doliprane, le Spasfon et l’Antadys qui ont joué un rôle en complément de la TENS. Grâce à ces choses là j’ai pu adapter et essayer de gérer au mieux ces douleurs dues à l’endométriose. Les ateliers de « Storytelling » m’ont aussi permis de comprendre et de voir aussi que je n’étais pas toute seule dans ce cas.