Témoignages de parents
Témoignages de parents
Une mère d'adolescente suivie pour des migraines témoigne
J’aimerais témoigner en tant que parent d’une enfant, enfin une adolescente aujourd’hui, souffrant de migraines avec auras, ses migraines ont commencé assez tôt, à 6 ans, sans auras au début.
Il est important de dire que nous avons été très rapidement accompagnés et n’avons pas été dans un flou de diagnostic.
Lou a très vite géré ses migraines, et même si elle savait reconnaître un simple mal de tête d’une migraine, j’étais très souvent dans l’inquiétude. En tant que maman, voir la douleur de son enfant en étant complètement impuissante était très difficile.
Si je peux apporter mon expérience et que cela puisse servir à certains, je me permets de poser ces mots.
J’ai pu être une maman inquiète, omniprésente ne sachant quoi faire pour soulager ma fille, « tu veux boire ? manger quelque chose ?, j’éteins la lumière ?, t’as mal où exactement ?» . J’étais collé à elle jusqu’à ce que le médicament fasse effet, ne pas bouger jusqu’à son réveil et attendre qu’elle me dise que ca aille mieux.
Et d’années en années elle développe de nouvelles auras et à chaque nouvelle aura apprivoisée, une nouvelle arrive, et à chaque fois une angoisse supplémentaire.
Evidemment avec l’évolution de ses auras, l’évolution de son caractère mais aussi de notre relation, et de ça en découle le fait que nous avons pu parler de l’attitude qu’elle attendait de moi.
Je me souviens d’une crise révélatrice pour moi ou elle m’annonce clairement «maman j’ai une migraine qui commence, je ne vois plus sur les côtés, je prends mon médicament et je vais dans ma chambre me coucher », moi : « euhhhh ??? ok » ,quelques minutes plus tard je ne peux m’empêcher de venir tâter le terrain dans sa chambre et la elle n’est plus la même, elle m’envoie carrément sur les roses, chose qu’elle n’a jamais faite, mais je n’ai rien dit et nous avons pu en discuter plus tard. La première chose qu’elle a faite la crise passée c’est s’excuser parce que ce n’était plus elle mais la douleur qui parlait. Et finalement c’est ça qui m’a fait réagir et qui m’a fait le plus mal, c’est qu’elle s’excuse alors qu’elle était dans la souffrance.
Ce que j’ai retenu de ça, c’est que je ne peux malheureusement rien faire, je dois être présente sans être trop présente, quelle attitude difficile.
Aujourd’hui j’ai compris que si elle a besoin elle sait que je suis prête à bondir mais que si elle ne me le demande pas je dois la laisser pour ne pas lui apporter de stress supplémentaire.
Ce témoignage n’est que celui d’une maman qui tente de faire au mieux et qui en fonction de l’âge de ma fille je vais devoir encore réajuster les comportements et la marche à suivre dans ces moments là.